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Particuliers5 minMis à jour le 2026-09-22T06:18:23.335733+00:00

Par Chloé Gouesbier, courtier en assurance, cabinet immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26011065.

Quotité d'assurance de prêt : comment la répartir dans un couple

La quotité décide de ce qui reste à rembourser au conjoint survivant. C'est le paramètre le plus structurant d'une assurance de prêt, et celui qu'on choisit le plus vite.

Au moment de signer une offre de prêt à deux, une case demande la répartition de l'assurance entre les emprunteurs. La banque propose souvent 50/50, parfois 100/100, et la décision se prend en trente secondes. C'est pourtant le paramètre qui déterminera, le jour venu, ce qu'il reste à rembourser au survivant.

Ce que signifie la quotité

La quotité est la part du capital emprunté couverte sur chaque tête. Elle s'exprime en pourcentage, et le total doit être au minimum de 100 % pour l'ensemble des emprunteurs.

  • 50/50 : au décès de l'un, l'assurance rembourse la moitié du capital restant dû. Le survivant continue de payer l'autre moitié.
  • 100/100, soit 200 % au total : au décès de l'un, l'assurance solde la totalité du crédit. Le survivant n'a plus rien à payer.
  • 70/30, 60/40 et autres répartitions : le capital est couvert au prorata choisi, généralement en fonction des revenus de chacun.

Le calcul qui change la décision

Prenons un couple empruntant 250 000 € sur 25 ans. Dix ans plus tard, il reste environ 170 000 € à rembourser, et l'un des deux décède.

En 50/50, l'assurance verse 85 000 €. Le survivant conserve une dette de 85 000 €, avec une mensualité inchangée d'environ la moitié, alors que les revenus du foyer viennent de chuter, parfois de plus de moitié.

En 100/100, l'assurance verse 170 000 €. Le crédit est soldé, la charge disparaît, et le logement familial est sécurisé.

La question n'est donc pas « combien coûte l'assurance », mais « quelle mensualité le survivant pourra-t-il assumer, seul, avec les revenus qui resteront ».

Ce que coûte le 100/100

Logiquement, couvrir 200 % au lieu de 100 % double le coût de l'assurance. C'est l'argument qui fait renoncer, et c'est là que la délégation d'assurance change la donne : passer d'un contrat groupe bancaire à un contrat individuel divise fréquemment la cotisation, ce qui permet d'acheter une couverture 100/100 pour un budget comparable à celui d'un 50/50 bancaire.

Autrement dit, la vraie alternative n'est pas entre protection et économie : elle est entre un contrat cher mal réparti et un contrat compétitif bien réparti. Le mécanisme de substitution est détaillé dans notre guide sur le changement d'assurance de prêt.

Comment arbitrer selon votre situation

Revenus très déséquilibrés : si l'un des deux apporte l'essentiel des revenus, sa quotité doit être élevée, idéalement 100 %. Le décès du contributeur principal est le scénario le plus destructeur pour le foyer.

Revenus équilibrés, avec enfants : le 100/100 se justifie presque toujours. La perte d'un revenu s'accompagne d'une hausse des charges pratiques, garde, organisation, temps de travail réduit.

Revenus équilibrés, sans enfant, capacité d'épargne solide : une répartition intermédiaire peut suffire, à condition d'avoir vérifié que le survivant assumerait seul la mensualité résiduelle.

Investissement locatif : la logique diffère, puisque le bien produit un revenu et peut être vendu. Une quotité plus faible se défend, à condition de tenir compte de la fiscalité et du marché local.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Choisir 50/50 par défaut parce que c'est la case pré-cochée, sans avoir fait le calcul du reste à charge.
  • Oublier l'invalidité. La quotité s'applique aussi aux garanties d'incapacité et d'invalidité : une quotité faible signifie une prise en charge partielle des mensualités en cas d'arrêt de travail, situation bien plus fréquente qu'un décès.
  • Ne jamais revoir la répartition. Une naissance, une évolution de carrière, un changement d'activité modifient l'équilibre du foyer. La quotité, elle, reste figée jusqu'à ce qu'on la change.
  • Assurer un seul emprunteur à 100 % en laissant l'autre à 0 %. C'est possible et moins cher, mais cela laisse le premier totalement exposé si c'est l'autre qui disparaît ou devient invalide.

Peut-on modifier la quotité en cours de prêt ?

Oui. Un changement d'assurance par substitution permet de revoir la répartition, sous réserve de l'équivalence de garanties exigée par la banque et d'une nouvelle acceptation médicale le cas échéant. C'est l'occasion d'ajuster une répartition choisie à la hâte dix ans plus tôt.

Le tableau de décision, chiffres en main

Reprenons le couple emprunteur de 250 000 € sur 25 ans, dix ans après la souscription, avec 170 000 € de capital restant dû et une mensualité de 1 150 €.

En 50/50, le survivant conserve une dette de 85 000 € et une mensualité d'environ 575 €. Si les revenus du foyer passent de 5 200 € à 2 900 €, cette mensualité représente près de 20 % du revenu restant, auxquels s'ajoutent les charges courantes et, souvent, des frais de garde nouveaux.

En 100/100, la mensualité disparaît. Le survivant conserve 2 900 € de revenus sans charge de crédit, ce qui change la nature même de la situation : il s'agit alors d'un deuil, et non d'un deuil doublé d'une difficulté financière.

La question à se poser n'est donc pas « combien coûte le 100/100 », mais « que se passe-t-il concrètement le mois suivant ».

L'invalidité, l'angle mort de la quotité

La quotité ne s'applique pas qu'au décès. Elle vaut aussi pour l'incapacité de travail et l'invalidité, qui sont statistiquement bien plus fréquentes.

En 50/50, un arrêt de travail long de l'un des deux emprunteurs ne donne lieu qu'à une prise en charge de la moitié de la mensualité, alors que la perte de revenu, elle, peut être totale. C'est la situation la plus courante, et la plus mal anticipée.

Quand revoir sa répartition

  • À la naissance d'un enfant, qui modifie les charges et souvent l'activité de l'un des parents.
  • Lors d'un changement professionnel significatif de l'un des deux.
  • En cas de passage en indépendant, la protection sociale changeant de nature.
  • Lors d'une renégociation ou d'un rachat de crédit, moment naturel pour refaire le point.
  • Simplement au bout de cinq ans, si rien n'a été revu depuis la signature.

Foire aux questions

La banque peut-elle imposer une quotité ?

Elle peut exiger une couverture minimale de 100 % au total, et durcir cette exigence selon le profil du dossier. Au-delà de ce minimum, la répartition relève de votre choix.

Le 100/100 est-il remboursé en cas de décès simultané ?

Le capital restant dû est soldé, sans double versement : l'assurance couvre la dette, elle ne verse pas deux fois.

La quotité s'applique-t-elle aussi à la garantie perte d'emploi ?

Oui, lorsqu'elle est souscrite. Cette garantie répond toutefois à des conditions de déclenchement très restrictives, à lire avec attention avant de la retenir.

Un emprunteur seul doit-il assurer 100 % ?

Oui, c'est le minimum exigé. La question porte alors non sur la quotité mais sur les garanties : invalidité, incapacité, et leurs définitions.

Faire le calcul avant de signer

Voir notre approche de l'assurance emprunteur et de la protection de la famille. FIDÉSIA chiffre le reste à charge du survivant selon chaque répartition, à Amiens, Abbeville et Rouen, ou en visioconférence. Nous contacter.

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